lundi 27 août 2018

Mon tribut à la fleur des romans gothiques : The mysteries of Udolpho, Ann Radcliffe



Attention SPOILER

Aux éventuelles lectrices (ces messieurs ont l'air de se croire dispensés de ce genre de lecture) :

1. Si vous jugez que traverser une période de dépression, quand on vient de perdre coup sur coup ses deux parents, paniquer, parce qu'un inconnu tente, la nuit, de s'introduire dans votre chambre, ou que ressentir du désespoir et de l'abattement face aux diverses formes de contrainte et de harcèlement exercées par des personnes ayant autorité, sont des réactions absurdes et mièvres, produits de l'éducation infantilisante donnée autrefois aux filles, s'il vous semble que la mort de proches, la violence de la société patriarcale, la douleur de l'exil, les chagrins d'amour, doivent s'affronter le casque sur la tête et l'épée à la main, si vous avez conclu de précédentes lectures que toutes ces héroïnes du XVIIIème siècle sont des idiotes dépourvues de caractère, noyées dans des problèmes ou dérisoires ou facilement solubles (un bon coup de genou dans les couilles ?), ne lisez surtout pas Les mystères d'Udolpho, après tout il existe assez d'autres romans plus susceptibles de vous plaire.

2. J'ai souvent l'occasion d'observer que la lecture d'œuvres non contemporaines, dont le personnage principal est féminin, diffère beaucoup de celle de textes donnant la première place à un homme, en ce qu'elle est quasi systématiquement une lecture-identification.
L'héroïne est jugée, ses choix, ses réactions sont évalués, et plus la lectrice a une conscience féministe développée, plus son jugement est présent, plus elle se fait la censeure sévère de sa conduite, comme s'il s'agissait seulement de se mettre à la place d'un être fictionnel, d'envisager ce qu'elle aurait fait dans les mêmes circonstances, et forcément mieux fait. Rien de tel pour les personnages masculins de la littérature classique : aucun.e de mes condisciples n'a jamais reproché à l'Achille d'Homère, privé d'une partie de son butin, ses éternelles jérémiades, ni au père Goriot sa trop grande complaisance envers ses ingrates de filles !

3. Ne commencez pas cette lecture sans être bien convaincues que les siècles antérieurs au nôtre avaient une toute autre perception de ce que nous considérons aujourd'hui comme des marques de faiblesse, je veux parler des plaintes, des syncopes et des larmes. Si aujourd'hui ces manifestations sont tolérées chez les femmes, généralement moquées et inhibées chez les hommes, cela n'a pas toujours été le cas : nos prédécesseur.e.s leur trouvaient au contraire de la valeur. Par ailleurs, larmes, plaintes et évanouissements, aujourd'hui dépréciés car considérés comme féminins, ou considérés comme féminins car dépréciés, n'ont pas toujours non plus tracé une ligne de séparation entre les genres. Les Mémoires de Mme de Créquy et les Lettres de Mme de Sévigné, de même que des romans comme la Nouvelle Héloïse ou nos Mystères d'Udolpho, font régulièrement mention d'hommes en larmes, tombant en syncope et même se laissant mourir d'amour et/ou de désespoir. Les femmes vont certes s'y évanouir et pleurer plus que les hommes, mais il n'y a là qu'une différence de degré.
Si ces manifestations sont communes aux deux sexes, elles servent cependant à opérer d'autres distinctions :
  • entre aristocrates et gens du commun,
  • entre âmes supérieures et âmes vulgaires, ces distinctions ne se recouvrant que partiellement (Rousseau ne s'est-il pas efforcé de montrer, dans ses œuvres, que l'on pouvait être roturier et avoir les sentiments d'un aristocrate ?),
  • entre gens de bien et méchant.e.s.
Elles rendent donc visible la supériorité du sujet, dont la faculté de sentir est à la fois délicate et raffinée (la délicatesse et le raffinement ne sont pas, comme souvent aujourd'hui, opposés à la puissance, mais à la grossièreté), et pleine de force (c'est parce que l'individu sent fortement les choses, qu'elles ont autant d'effet sur lui et provoquent larmes, plaintes et évanouissements).
Elles traduisent aussi la bonté de celui ou de celle qui s'y livre. On les croit un témoignage de sincérité : elles sont donc attendues dans certaines circonstances (la mort d'un grand personnage, par exemple, ou la confession religieuse, où les larmes sont le signe d'une véritable contrition).
La sensibilité est également inséparable de la force d'âme : point de force d'âme sans sensibilité. Un homme (et à moindre titre une femme) qui n'a pas donné la preuve, au préalable, d'un sentiment délicat, n'aura aucun mérite à montrer du sang-froid et de la fermeté dans les grandes épreuves de la vie. Il sera seulement un cœur sec, incapable de rien sentir.
Larmes et syncopes peuvent encore accompagner ou permettre le passage à un niveau de conscience supérieur, qu'il soit esthétique et artistique, ou mystique et religieux. On retrouve ici l'idée d'une supériorité du sujet sensible.

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Il y a quelques années, j'ai lu le plus célèbre roman d'Ann Radcliffe, The mysteries of Udolpho (1794). Je l'ai lu avec enthousiasme, entraînée à la suite de son héroïne de sa Gascogne natale à travers le Languedoc et les Alpes, jusqu'à Venise et dans les Apennins, terriblement impatiente que cette héroïne voyageuse et fort maltraitée par le sort (ou plutôt par son impitoyable créatrice) parvînt au terme de ses longues épreuves.
Je l'ai relu dernièrement en français, dans la belle traduction de Victorine de Chastenay, et, croyez-le ou non, c'est l'une des choses les plus savoureuses qu'il m'ait été donné de lire. Connaissant l'issue de l'histoire, j'ai pu me concentrer davantage sur le texte, goûtant une langue du XVIIIème siècle capable d'exprimer la complexité des pensées et des émotions avec une simplicité pleine d'élégance, ainsi que sur les idées philosophiques, esthétiques et morales, que l'autrice y développe et qui en font une œuvre-phare du courant littéraire du « roman sentimental », et qu'une première lecture, hâtée par un suspense assez haletant, entravée par mon peu de maîtrise de la langue anglaise, ne m'avait pas permis d'apprécier.

Ce que j'aime dans ce roman (à peu près tout) :

💕 J'aime les longues descriptions de paysage : si vous goûtez la littérature de voyage, vous trouverez sans doute beaucoup de plaisir dans le récit de celui qui mène Émilie à travers la France et l'Italie. La description de Venise et des abords de la Brenta, celle de la ville en fête, célébrant le rite du « mariage avec la mer », sont, selon moi, particulièrement réussies.
Radcliffe est une femme de son temps, avec un goût prononcé pour la nature et les paysages grandioses qui annonce le romantisme. Mais en bonne pré-romantique, ce qui l'intéresse n'est pas la nature et les paysages en eux-mêmes, c'est le sujet regardant et son rapport à ceux-ci. Les descriptions sont toutes subjectives, leur objet étant vu à travers le prisme de la sensibilité de l'héroïne. Elles donnent une très large place aux sentiments mêlés : répulsion et admiration, peur délicieuse, horreur sublime... ambivalence caractéristique des sentiments de la jeune héroïne (les autres personnages sont tout d'une pièce), que l'on retrouve aussi dans son rapport aux croyances superstitieuses, qu'elle rejette, en tant qu'héritière des Lumières, mais dont elle est également curieuse et qui la fascinent.
Ce qui compte, c'est le rapport du sujet sensible à la réalité et ce rapport est médiatisé par la culture de l'héroïne et surtout par l'art. Comme chez tout.e romantique et pré-romantique, il s'agit moins de décrire la réalité, que de trouver en elle ce qui est déjà œuvre d'art et pourrait faire tableau. Le vocabulaire employé est révélateur de cette conception, avec la répétition du mot « pittoresque » (ce qui est digne d'être peint) : la nature sauvage, où Radcliffe jette son héroïne, est au fond un monde profondément humain, que celle-ci ne découvre pas, n'explore pas, mais qu'elle reconnaît, puisque d'autres, avant elle, l'ont peinte ou l'ont écrite et chantée.

💕 J'aime les longues dissertations morales qui jalonnent le récit, notamment celle, placée dans la bouche du père d'Émilie, sur les méfaits d'une sensibilité excessive. Radcliffe propose, avec cette réflexion, un dépassement du héros et de l'héroïne rousseauistes sensibles. Pour Rousseau, la sensibilité est ce qui fait d'un individu un être humain complet, ainsi que ce qui lui permet d'entrer en contact avec autrui (elle est aussi un fardeau, mais un fardeau désirable). Radcliffe reprend à son compte ces idées : aucun de ses personnages « positifs » n'est dépourvu de cette sensibilité qui fait leur valeur. Ainsi la compassion, la pitié de Valancourt, sa sensibilité à la beauté de la nature et de la poésie, sont les qualités qui font naître l'amour d'Émilie et approuver cet amour par son père. Cependant, si cette sensibilité est nécessaire, notamment parce qu'elle est la source de la compassion et un moteur qui fait agir en faveur d'autrui, son excès est néfaste, puisqu'il rend la compassion impuissante, inactive et sans fruits.

💕 J'aime le positionnement de Radcliffe au sein de la littérature gothique, qu'elle n'ait pas fait le choix du merveilleux, comme Walpole dans son Château d'Otrante, ou du fantastique, tel que le définit Todorov, dans lequel le récit maintient, sans jamais décider pour l'un ou pour l'autre, une hésitation constante entre naturel et surnaturel. Les mystères d'Udolpho sont également parcourus par une telle hésitation, mais ses derniers chapitres lui font prendre un tournant résolument rationnel, proposant l'explication (quelque fois un peu tirée par les cheveux) de tous les évènements étranges, auxquels l'héroïne a été confrontée. Ce choix est motivé par la volonté de l'autrice de faire de son œuvre un manifeste en faveur de la raison et contre la superstition, qui est, pour elle, le piège où tombent les esprits que l'éducation n'a pas fortifiés, ou affaiblis par les malheurs.

💕 J'aime l'humour inattendu que l'autrice parvient à instiller pour alléger une ambiance particulièrement sombre. Radcliffe a une grande maîtrise des différents tons : comique, dramatique, poétique. Il me semble qu'elle est l'une des seul.e.s auteur.rice.s que j'ai lu.e.s qui ait pensé à mettre une véritable dimension comique dans son œuvre. Chez Marivaux, Rousseau..., il peut y avoir de la gaieté, de la légèreté, des saillies spirituelles, mais pas plus...

J'aime moins (ou je comprends qu'un.e lecteur.rice moderne puisse être gêné.e par) :

Certaines longueurs dans sa deuxième partie, avec l'adjonction de nouveaux personnages, qui lui permettent certes d'explorer certains aspects qui lui sont chers et de conclure l'intrigue, mais celle-ci aurait gagné à être plus resserrée.

Les caricatures auxquelles elle se laisse aller : les personnages italiens forcément passionnés, vindicatifs, ardents, les italiennes forcément raffinées, jalouses et intrigantes, la peinture du catholicisme fait sourire (enfermement, obscurantisme...).

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Mon histoire avec Ann Radcliffe ne s'arrête pas là. Il y a quelques mois, sur les conseils d'une blogueuse, je commençais une autre de ses œuvres : La romance de la forêt. Si je puis vous donner un conseil, ce sera de ne pas entrer dans l'univers de cette écrivaine par ce roman : vous risqueriez d'être déçues et, non seulement de vous arrêter à cette seule œuvre, mais également de ne pas la terminer. La romance est une œuvre que je juge peu aboutie et peu séduisante. Tous les thèmes, tous les types, tout ce qui importe à Ann Radcliffe et qu'elle développera avec tant de maîtrise dans les Mystères (et sans doute dans ses œuvres ultérieures) est déjà présent, mais à l'état d'ébauche : Adeline, sa jeune et malheureuse héroïne, n'est qu'une pâle Émilie, ses malheurs peinent à intéresser ; le marquis, méchant indispensable de ce genre de littérature, n'est pas Montoni : il ne parvient qu'à répugner, alors que ce dernier fascine et effraie à la fois ; quant à l'abbaye de Sainte-Claire, elle préfigure le château d'Udolpho, mais n'en a pas la grandeur majestueuse.

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ÉMILIE


Très jeune*, merveilleusement belle, bonne, sensible, spirituelle, cultivée et versée dans tous les arts, courageuse, voire héroïque, elle est le prototype de l'héroïne de romans sentimentaux, la sœur de la Clarissa de Richardson et de la Julie de Rousseau.
C'est le personnage central du roman, dont le narrateur adopte le point de vue (auquel se substitue partiellement celui d'une autre héroïne, de moindre importance, dans la seconde partie). Ce point de vue est marqué, je l'ai dit, par l'ambivalence, ce qui fait d'elle un personnage très moderne, l'œil qui scrute et se détourne des films d'horreur, le sujet en mouvement qui, continuant d'avancer malgré tous les conseils de la prudence, fait progresser la narration. Du fait de cette ambivalence, elle est également une sorte d'exemple du type de sentiments et d'émotions, que l'autrice veut susciter chez ses lecteur.rice.s, qui dans l'idéal doivent balancer, pour ce qui est du gothique château d'Udolpho, de son mutique propriétaire, le condottiere Montoni, et des affreux secrets qui y sont recelés, entre horreur et fascination, attrait et répulsion.
Je l'ai représentée en chemise de nuit, l'imaginant parcourant les interminables galeries et souterrains d'Udolpho**. Mais sans doute ce vêtement ne lui convient-il guère, Émilie ayant l'habitude de dormir toute habillée, quelque fois même dans un fauteuil. D'ailleurs, ce doit être un des personnages les plus couche-tard de toute la littérature ! Il faut dire que les évasions de nuit, les départs précipités au point du jour, les tentatives d'enlèvement, les apparitions de créatures de l'autre-monde, les longues rêveries mélancoliques et contemplatives, ne lui permettent guère de goûter les huit heures de sommeil recommandées.
* Les héroïnes de roman au XVIIIème siècle sont généralement des adolescentes possédant l'esprit et la maturité d'un.e adulte dans la quarantaine, bref de leur créateur.rice. Ce décalage se retrouve chez presque tous les écrivain.e.s de l'époque, de Richardson à Marivaux.
** Que je soupçonne d'être, bien avant l'immeuble perecquien de La vie mode d'emploi, une architecture impossible, une construction dont les parties, longuement décrites, ne pourraient être réunies en un tout cohérent.

VALANCOURT


Il est la version masculine et subalterne de notre héroïne et forme avec elle le couple de jeunes premiers, qu'un entourage insensible et cupide s'attache à séparer. Finiront-ils par se retrouver ? Cette séparation des deux amants forme l'intrigue principale, sur laquelle se greffent plusieurs intrigues secondaires.
Je m'aperçois que je n'ai guère à dire sur lui, sans doute parce qu'il est absent d'une grande partie de l'œuvre et qu'Émilie l'éclipse un peu. Il rappelle à bien des égards Saint-Preux, l'amant malheureux de La nouvelle Héloïse, figure de l'homme sensible et philosophe, mais aussi de l'homme faible, pour qui le malheur est une occasion de chute, quand il est pour l'héroïne le moyen de s'élever moralement, d'atteindre une grandeur qui confine presque à la sainteté. Cette supériorité du personnage féminin dans le roman sentimental est constante et je ne sais comment elle s'accorde avec une misogynie qui l'est aussi à l'époque.

ANNETTE


Domestique de la tante d'Émilie, elle est la femme du peuple telle qu'aime à l'imaginer le XVIIIème siècle : bavarde, superstitieuse, craintive et amusante malgré elle. Elle forme avec Ludovico le couple de domestiques emprunté à la comédie classique, exact parallèle dans le registre comique du couple des jeunes premiers.
Mon dessin la montre apeurée, s'exclamant et contribuant à épaissir l'atmosphère de terreur qui entoure notre pauvre héroïne, en relayant n'importe quelle rumeur effrayante, ou quelque fois, au contraire, à l'alléger par sa conduite si excessive qu'elle en devient comique, par son manque de bon sens ridicule. C'est un personnage que je trouve très réussi et qui prouve l'adresse de Radcliffe à peindre des caractères variés.

SAINT-AUBERT


Père d'Émilie, il s'est retiré assez jeune dans son château de La Vallée, abandonnant une vie mondaine, dont la fausseté et la corruption l'ont détourné. Il est un remarquable pédagogue pour sa fille et l'éducation qu'il lui donne, sera son viatique dans toutes les épreuves qu'elle aura ensuite à traverser. Je ne sais pas si l'on pouvait faire un plus beau plaidoyer en faveur d'une éducation féminine exigeante, que celui auquel se livre Radcliffe à travers ce cas fictionnel !
Je m'aperçois, à la réflexion, que le personnage du bon père de famille est plus rare dans le roman sensible que ne le sont les tyrans domestiques, plus ou moins indifférents au bonheur de leur enfant : je pense ici aux pères de Clarissa (Clarisse Harlowe) et de Julie (La nouvelle Héloïse) ; quant à celui d'Aline (Aline et Vacour), il est tout simplement un monstre ! C'est assez drôle, quand on y pense, dans une époque qui exaltait la voix du sang et le sentiment paternel.
Vous remarquerez que mon Saint-Aubert fait un peu la tête, mais entre une longue vie de souffrances et ses désillusions amères sur le genre humain, il a bien quelques excuses ! Il trouve néanmoins un peu de consolation dans sa religiosité profonde, dans un certain stoïcisme, mettant le respect du devoir et la résignation au-dessus de toutes choses, dans le spectacle de la nature et, bien sûr, dans sa tendresse pour sa chère Émilie.

MONTONI


La quarantaine, époux de la tante d'Émilie, ancien condottiere, il fait un très beau personnage de méchant. Il est assez intéressant que Radcliffe, en le décrivant comme un « homme supérieur », livré à ses passions, comme tous les nombreux méchants de cette histoire, mais à des passions supérieures, impliquant la conduite énergique des hommes par leurs faiblesses, dépeint une figure presque hégélienne, que le philosophe avait construite sur le modèle de Napoléon. Il semblerait que l'Europe de la fin du XVIIIème siècle avait déjà élaboré la figure du grand homme et en attendait la venue, qu'il l'a projetée dans Napoléon, qui a su l'incarner à la perfection.
Peu bavard (il a en effet beaucoup de secrets ou de coupables desseins à cacher), il ne s'exprime qu'en termes impérieux et cinglants. N'attendez de lui ni politesse ni galanterie : il a mieux à faire !
Si vous lui trouvez un air antipathique, c'est voulu de ma part : imaginez que c'est ce genre de visage qu'il présente à sa famille et à ses hôtes, quand il les reçoit dans l'imposant « salon de Cèdre », et qui fait que tous et toutes tremblent devant lui.

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